ALGERIE - 1954 - 1962




 

 Catégorie voyage     Florence     Beaugé


 


La station de Texenna en Janvier 1957 avec le 1° R.H.P.

Texenna Janvier 1957 1° RHP

 
      • Mais, revenons à notre pamphlet.
         
        • Les Egorgeurs   page 74
           
              « 29 avril. — Camerone, fête de la légion. Les infirmiers légionnaires nous invitent à boire.

                A l'infirmerie, une jeune Kabyle nous sert d'interprète.
                Seule femme à T..., elle est devenue ma maîtresse et cet état de choses suscite bien des jalousies.

                Les officiers et sous-officiers de la légion l'invitent, elle me demande de l'accompagner.
                Simple homme de troupe parmi tant de galons, je bois beaucoup et soudain, à haute voix, je demande :
               
                — A la légion, que faites-vous des rebelles blessés ?
                — Voyons, on les achève, riposte un adjudant.
                — Mais c'est ignoble, dis-je, c'est inhumain, vous n'avez pas le droit. Ce sont quand même des hommes.
                 
              Le capitaine de la légion me foudroie du regard, deux sous-officiers me jettent dehors. »


               
        • A la lecture de ce dialogue, on est en droit de s’imaginer que Benoist Rey était « Le Zorro » de la guerre d'Algérie.

           
        • Pourtant, il y a d'autres livres,
          moins mensongers, qui racontent d'autres histoires, sur ces mêmes lieux,   Djidjelli, Duquesne, Taher, Texenna, Sidi-Abdel-Aziz,
          sur ces mêmes régiments, le 1/137e R.I.   le 2/23e R.I.   le 81° R.I.A., et enfin, sur le commando V20.

           
        • Mais, personne ne les citent.
           
        • Pour la période précédant de quelques mois, le pamphlet de Benoist Rey,
          il y a un premier livre, composé de lettres d'un soldat mort pour la France, et d'une présentation de Daniel Lefeuvre : Lettres d'Algérie.
           
            • Ces lettres ont été écrites de divers endroits de France et d'Algérie, par André Segura, publiées par son frère.
              Comme 80% des appelés, André Segura n’a jamais vu de rebelles, il est mort dans une embuscade,
              Sans jamais avoir vu son adversaire.
               
            • Mais, certains passages de ces lettres ont été supprimés.
              même si ce n'est pas un récit historique, ces lettres montrent que nous sommes bien loin des mensonges de Benoist Rey.
               
              • Segura Albert André, mort pour la France, le 8 Avril 1959,
                dans le secteur de Djidjelli, mort avec ses compagnons du 1/137° R.I., le sergent Calvet Yves Roger et le soldat Vauvy Max Roland.
                 
              • Parmi les passages supprimés par l'éditeur, on retrouve celui-ci :
                 
                • Lettre datée du 25 Février 1959 et écrite à Duquesne :
                   
                    « Ce matin, sous la pluie nous avons enterré un de nos camarades tué en embuscade il y a deux jours,
                      un appelé de la 57/2B, il a été criblé de balles.
                      Il est tombé dans les mains des fellaghas, qui l'ont déshabillé, mutilé, achevé de 2 balles dans la tête,
                      et qui lui ont volé tout ce qu'il avait.

                      Encore un qui ne retournera plus dans notre doux pays.
                      Quand cela finira-t-il ? »


                     
              • André Segura cite l'enterrement à Duquesne,
                du Soldat Caplain Maurice, mort le 23 février 1959, et cantonné à Sidi-Abdel-Aziz.


Vue prise sur le Tamesguida (altitude 1.645 mètres) sur la route de Constantine à Djidjelli, à 12 Km. de Texenna

TTamesguida à 12 KM. de Texenna

 
      • Il y a aussi, un membre important de la FNACA, qui écrivit en 1996,
        sur Texenna, Sidi-Abdel-Aziz, Duquesne, Taher, sur le 1/137e R.I., le 2/23e R.I. et la fusion des deux R.I., qui donnera le 81° R.I.A.
        Le 1/137° R.I. sera présent sur le secteur de Djidjelli à la mi-Février 1959.
         
      • Dans le livre, La jeunesse égarée, de Jean-Louis Nageotte,
         
          • on trouve à la Page 150, le titre suivant   :   Texenna   Juin 1959 :   des ruines.

             
        • On bien loin de la description Benoist Rey.
           
          • Dans son livre, il prétend qu’à Texenna,
            il y avait le bureau du capitaine, le mess des officiers, une jolie infirmière, seule femme du village de Texenna, et surtout, une infirmerie.
             
          • Il n'y avait rien à Texenna, en Octobre 1959, que des maisons sans toit, ni fenêtres,
            ceux du commando Volontaire 20, dormaient dans les ruines, avec des toiles pour la pluie, pour se protéger du froid.
             
          • Plus tard, ils auront des baraquements en bois, mais pas de jolie infirmière,
            ni même de poste de secours, il fallait aller à Taher, ou à Duquesne pour bénéficier de simples soins.

             
        • Quel sacré menteur ce Benoist Rey.

           
        • Reprenons quelques pages du livre du Menteur :
           
          • Page 21 et Page 22.   D'après sa chronologie, nous sommes en Octobre 1959.

             
                « Quand nous sommes arrivés à Texenna,
                  un homme était attaché à une fenêtre, et hurlait, à tel point que les soldats sortaient ou regardaient aux fenêtres.
                  Un officier menaça de faire sceller les fenêtres de la chambrée si une telle curiosité se renouvelait.

                  Par la suite, le système s'est amélioré : on a trouvé un local, discret, où les cris sont étouffés par les murs épais.
                  A cette époque, l'officier de renseignements, sous-lieutenant du contingent, est un pied-noir, Algérois par surcroît.
                  Il est renommé pour sa dureté et sa cruauté, j'imagine que son nom ne s'effacera pas de certaines mémoires.

                  Le choix de l'officier de renseignements n'est pas fait au hasard.
                  On évite de prendre des « intellectuels » (étudiants ou professions libérales), mais plutôt des gens sans formation intellectuelle
                  poussée, plus malléables. »

                 
        • Plutôt qu'un grand article sur les menteurs,
          une simple photo de Texenna, prises en Décembre 1959, montrera que Benoist Rey n'a jamais les pieds à Texenna.


Texenna Décembre 1959. Photo prise par un membre du commando V20, issue du 81e R.I.A.

Texenna décembre 1959commando V20

 
      • Cette photo a été prise par un membre du commando V20, qui n'était pas avec son commando, le jour de l'embuscade du 5 Octobre 1960.
         
          • Sur cette photo, il n’y a pas de fenêtre, pas de porte, pas toit,
            pas de chambrée, alors comment, le menteur Benoist Rey, pouvait avoir vu une prisonnier attaché à une fenêtre ?

             
      • Texenna a été détruit par les légionnaires du 2° REP, vers la fin de l’année 1958, sur ordre du commandement général de la ZNC.
         
      • Sur cette « simple destruction », nous avons diverses versions :
         
        • Version Benoist Rey :
           
              « En 1958, l'armée française détruisit le village avant de l'évacuer, dans des conditions peu glorieuses, paraît-il.
                Le génie utilisa deux tonnes d'explosifs pour faire sauter l'école toute neuve. Officiellement, ce sont les fellaghas qui ont détruit T...
                Après l'évacuation, les éléments pro-français ont été « éliminés » par le F.L.N. »
               
        • Version Armand Frémont :
           
              « Un sanatorium y était installé.
                La légion occupa le sanatorium, mais sans cesse harcelée, ses liaisons mal assurées, elle dut l’évacuée.
                Les fellaghas s'y installèrent à leur tour.
                L’artillerie détruisit Texenna, mais comme les fellaghas avaient été très probablement prévenus du mouvement des pièces,
                ils abandonnèrent les constructions avant le bombardement qui n’occasionna que des ruines matérielles. »
               
          • Cette version de Frémont, du départ de la légion, est reprise par la grande historienne Raphaëlle Branche.

             
        • Certains algériens, pas très nombreux, écrivent que l’ALN a chassé les légionnaires, après un glorieux combat.
           
      • Cette seconde photos de Texenna, prise en décembre 1959,
        montre bien, que seules les fenêtres, les portes et les toits ont sautés, ce qui démontre que l’explosion a eu lieu de l’intérieure, donc pas d’artillerie.
         
      • Il n’y avait pas de sanatorium à Texenna, mais simplement une colonie de vacances !!!


Texenna Décembre 1959. Photo prise par un membre du commando V20, issue du 81e R.I.A.

Texenna décembre 1959 commando V20