Dans cette première version de La Nuit du Lieutenant Marco, Yacef Saadi, nous précise :
Il était dans la cache avec Amara Ali, dit « Alilou », et Cherif Debid, dit « Mourad ».
Le nombre de torturés :
« Ils étaient au nombre de dix — dont deux adolescents — , calmes et apparemment indifférents au sort affreux qui les attendait. »
Les témoins de cette nuit de torture :
« Je reconnus tour à tour les voix de Hassiba bent Bouali, Zohra Drif, Djamila Bouhired, Fetouma et celles d'autres femmes encore.. »
Les initiales de certains torturés :
« Le jeune M.C. âgé de 12 ans, fut arraché au bras de sa mère, qui tenta vainement de le rejoindre. »
« Très peu de temps après, L. entra dans le coma. Il ne devait revenir à lui que trois heures plus tard. » « Son fils était à ses pieds, La mère B. demeurait silencieuse.. « Dis-nous ce que tu sais », ordonna Marco. »
Aucune trace d'Abdelkared Ammour !
Aucune trace du lieutenant Le Pen.
Nous verrons en fin de page, comment Yacef Saadi, romancera son action, complétera la liste des torturés, et, ajoutera les noms de Jean-Marie Le Pen, et du Lieutenant Schmidt, dans la bataille d'Alger Volume 2, paru en 2002, mais, on ne trouvera aucune trace Abdelkared Ammour dans aucun des quatre volumes.
La Casbah en 1957.
En 1963, dans L'Algérie entre deux monde, Volume 1, Albert Paul Lentin, très proche du F.L.N., nous donne une version romancée, de cette fameuse cache, au 5 impasse de la grenade :
Page 125
« 5 impasse de la Grenade, une maison, celle d'un solide militant, Mustapha Bouhired, où a été aménagée, au premier, une cache pour quatre personnes dissimulée par des planches.
Lorsque les soldats sont partis, les réfugiés, parmi lesquels une femme, l'agent de liaison Hassiba Bent Bouali, trouve un goût particulièrement savoureux aux dernières tasses refroidies de thé à la menthe, d'abord servi aux militaires par la nièce de Mustapha Bouhired, Djamila Bouhired, et l'étudiante en deuxième année de droit, Zohra Drif, fille du cadi de Vialar, passée à la clandestinité depuis quelques mois et devenue adjointe de Yacef Saadi. »
Page 126
« Les premières tortures intensives donnent les premiers renseignements précis et le vendredi 6 février 1957, sixième jour de grève, les paras arrêtent un des agents de Yacef Saadi : « Alilou ».
Ils passent une nuit entière à fouiller sa maison, 2 rue Sidi Ben Ali, piochent les parois des murs, frôlent vers le haut de la terrasse, la cache du laboratoire d'explosifs et celle où se trouvait planqué Yacef Saadi, mais ne découvrent ni l'une ni l'autre.
Ils amènent, par contre, cette même nuit, les deux frères et l'oncle de l’agent de liaison de Yacef Saadi, et, au 5, impasse de la Grenade, ils torturent, en leur présence, le père et le frère de Djemila Bouhired. »
Pas de Lieutenant Le Pen, ni du torturé Abdelkader Ammour !
Note :
M. Paul Albert Lentin, dans le récit de la page 126, a commis une petite confusion, concernant l’arrestation de Ali Amara dit « Alilou », car ce dernier a été arrêté après l’arrestation de Djamila Bouhired.
Dans sa version d'Avril 1972, Albert Paul Lentin, dans la revue Historia, sous le titre : Les paras arrêtent Ben M'Hidi, nous donne une toute autre version de cette scène :
« Le refuge de Yacef Saadi, 7 rue de la grenade, est systématiquement fouillé, mais les paras se retirent sans avoir rien trouvé.
Leur technique n'est pas encore tout à fait au point, et ils n'ont pas sondé les murs. S'ils l'avaient fait, ils auraient trouvé dans la cache où ils s'étaient précipités dès que les choufs (guetteurs) avaient signalé l'arrivée des « bérets rouges » et des « bérets verts », quatre chefs FLN de première importance :
Yacef Saadi, flanqué de son neveu et agent de liaison, un enfant de douze ans, « Petit Omar », ses deux adjoints Débih Chérif et Ali la Pointe et enfin Ben M'Hidi, lui-même.»
Vérification des passagers d'un bus au hasard rue de la Lyre en 1957.
Que nous dit le Général Massu :
dans la période du 14 au 19 févier 1957, on a récupéré :
27 bombes Rue Mogador, rue Duc-de Cars, boulevard Saint-Saëns.
26 bombes Rue de la Grenade chez Bouhired ( cache murée aménagée double cloison )
9 bombes dans la première impasse Kleber Casbah.
20 bombes Rue Kleber (cache murée aménagée double cloison).
7 bombes dans la seconde impasse Kleber.
Le Lieutenant-colonel Marcel Bigeard est un peu plus précis dans la chronologie de ces fouilles :
« Mais nous sommes sur les traces des terroristes.
L'arrestation de plusieurs activistes dans les premières journées de février,
nous amène à perquisitionner les 8 et 10 février chez un certain Mustapha Bouhired, dont, nous ne le savions pas alors, que Djamila était sa nièce. Ces recherches sont totalement infructueuses.
Le 14 février, Maahdi Bouchouchi, criminel recherché est enfin appréhendé, il nous indique quatre cache de bombes. j'envoie mes hommes fouiller les maisons en question, les trois premières recèlent pas moins de vingt-cinq bombes!
La quatrième planque indiquée est encore celle de Bouhired. Le 16, nous menons une nouvelle perquisition à son domicile, en sondant les murs, nous découvrons l'arsenal de mort : 26 bombes. Le nom de la rue était prédestiné : l'impasse de la Grenade.
Le maçon employé par le réseau de Yacef a fait du beau travail, il a fallu passer trois fois devant le mur pour découvrir la cache, alors qu'on se doutait qu'il y avait quelque chose, c'est sûrement quelqu'un qui connaît son métier.
Si l'on parvenait à mettre la main sur lui, on apprendrait où sont toutes les planques utilisées par Yacef, car nos autres sources s'étaient taries à ce sujet.
Mais, si « Omar » est aussi habile,
il doit être répertorié comme maçon professionnel, on étudie la liste de la profession. Bigre, elle est longue!
Peut-être chez les chômeurs ? Là il y a moins de noms. On va faire la tournée.
Chez un certain Rabah Hassen, on remarque que ses vêtements sont tachés de ciment, comment expliquer ces taches s'il n'a pas d'activité? On l'embarque.
Ses aveux conjugués à d'autres arrestations, nous permettent de démanteler tout le réseau « Bombes » du FLN.
Le 19, j'estime avoir fait le plus dur.
: quatre-vingt-sept bombes et plus de soixante-dix kilos de dynamite ont été saisis, ainsi que des détonateurs et des matériels divers.
Alger respire.
Le nombre d'attentats, qui avait atteint le chiffre maximum de cent vingt-deux en décembre 1956, tombe à vingt-neuf en mars.
Les choses changent. Les civils voient que les assassins arrêtés ne sont plus remis en liberté quelques heures après. »
« La Torture à domicile » de madame Florence Beaugé.
Une chose est sûre, c'est bien le 3° RCP qui est allé impasse de la grenade, avec éventuellement des zouaves, de la quatrième compagnie, mais pas le 1° REP, qui n'avait pas, « le droit » de piétiner les plates-bandes des parachutistes de Bigeard.
La première version de la nuit du lieutenant Marco, nous donnait quelques initiales de torturés, dans la version du 2 Novembre 2002, La Bataille d'Alger Volume II, Yacef Saadi ajoute deux pages, pour nous commenter, sans doute, influencé par la brillante journaliste du Monde, Florence Beaugé, la mise à mort de Mustapha Bouhired, par le Lieutenant Marco, et, la surprise du siècle en page 185, la révélation du nom du Lieutenant Marco :
Livre de Yacef Volume II page 185 :
« - Continuez, répondit Marco. Poussez-les à bout, ils finiront bien par craquer. Grouillez-vous les gars! Dans un quart d'heure la relève ...... »
« Voilà plus de trois heures que durait le supplice. Chaque minute comptait pour un lustre pour ceux que la malchance avait conduits dans cette chambre de malheur.
Ponctuée d'horreur depuis le commencement, la première séance avait duré environ une heure. Un répit de quelques instants s'ensuivit pour permettre à la seconde ...... »
« Surpris d'apprendre que personne n'avait encore avoué, les nouveaux venus se ruèrent illico, comme des chiens affamés, sur les victimes. ... »
« Autant dire qu'il enrageait. Comme pour donner le signal de la reprise du travail, il inspecta un à un les hommes gisant dans leur sang par terre et décréta de passer au second acte, le lieutenant Marco (3), était certain qu'il y avait des armes ... »
Réf. 3 : J'appris par la suite que le lieutenant Marco n'était autre que Jean-Marie Le Pen, actuel président du parti français le Front National.
Livre de Yacef Volume II page 189 :
« Durant la nuit, à tort j'avais cru qu'un répit allait avoir lieu. Erreur ! Le calvaire continuait. Une troisième équipe était entre temps arrivée. D'emblée, elle ouvrit un autre registre : la baignoire. Ou comment parvenir à garder un homme entre vie et trépas en le maintenant au bord de l'asphyxie ! Si le tragique pouvait s'accommoder aussi facilement de la dérision, on se serait délibérément gaussé en gratifiant Massu de cette autre devise : « Cordes et baignoires sont les deux ... »
« Mustapha Bouhired agonisant lentement au coin de la pièce. Soudain, deux soldats l'arrachèrent à son calvaire pour le rapprocher d'une des bassines pleines d'eau. Avec la même brutalité qu'ils avaient mis à le rapprocher de la bassine, ils le saisirent par le cou et lui enfoncèrent la tête dans le liquide. L'immersion dura quelques secondes durant lesquelles Mustapha tenta de gigoter. En vain! Hors de l'eau, il eut juste le temps d'inspirer quelques goulées d'air que le supplice recommençait de plus belle. Dès qu'on le sentait proche de ... »
Livre de Yacef Volume II page 191 :
« Le répit, en revanche, quand il était décidé, ne durait que quelques instants et ne servait que d'occasion supplémentaire pour resservir la sempiternelle litanie concernant les caches d'armes. Puis c'était d'autres flux électriques qui reprenaient le relais.
C'était au tour, à présent d'un adolescent tout juste pubère, répondant au nom de Lyés Bouhired d'être trainé vers la corde pour subir l'épreuve du gibet.
Il était trois heures du matin. De notre cachette, nous entendîmes …. »
Quel sacré menteur ce Yacef Saadï !!!
Livre de Yacef Novembre 2002.
Ces deux pages complèteront la boucle qui avait commençé avec Maitre Jacques Vergés et son complice de l'époque Georges Arnaud, en Novembre 1957.
Suivra ensuite, le faussaire Pierre Vidal-Naquet et sa revue Vérité-Liberté de Juillet 1962.
Il sera suivit en 1984, par le cinéaste et communiste René Vautier, avec Moulay et le fameux poignard SS.
Le journal Libération et son fidèle Lionel Duroy, en 1985.
Le monde et la brillante Madame Florence Beaugé.
Enfin, Yacef Saadi, celui qui exterminera, c'est ce qu'il écrit dans son volume II, la division de parachutistes du Général Massu.
Cette histoire de la torture à domicile aurait pu s'arrêter sur ce bobard, mais la brillante journaliste du Monde, a multiplié les articles bidon, sans jamais vérifier ses sources.
Donc, après les torturés de l'impasse de la grenade, après le poignard du lieutenant Le Pen, elle continua avec le lieutenant Schmidt, le colonel Bigeard et les torturés de l'école Sarrouy.
Nous allons donc sur la page suivante traité de ce grand bobard, en utilisant des publications officielle de la République Algérienne Démocratique et Populaire, pour démontrer comment la construction de la torture à l’école Sarrouy a été mise en place à partir de Janvier 1963 par Madame Bitat, ex. Zohra Drif...