ALGERIE - 1954 - 1962




 

 Catégorie voyage     La     Question
 



2003 Salem-Alleg dans la cage d'escalier du 94 Avenue Georges Clemenceau à El-Biar.


2003 Salem-Alleg dans la cage d'escalier du 94 Avenue Georges Clemenceau à El-Biar Audin/Alleg

 

  • Il est indiscutable,
    qu'une campagne de presse orchestrée par les communistes et les libéraux Universitaires, contre le Général Massu, a débuté dès le mois
    de Février 1957, et c'est amplifiée en Juin avec les deux affaires Audin et Alleg.
     
  • Ce livre, dont les qualificatifs sont élogieux,
    surtout de la part des communistes et des libéraux Universitaires, qui fait la une de tous les journaux, qui est la référence de tous
    les sites incriminants les parachutistes de Massu, qui sert de symbole à certains historiens de l'Algérie, a été accepté sans réserve.
     

  • Sur quoi se fondaient-ils, pour accepter sans réserves cette versions des faits?

  • Sur le seul témoignage d'Alleg,
    sur le récit d'Alleg,   Alleg parlant d'Alleg a bénéficié d'un crédit illimité, pas une minute, on n'a mis sa parole en doute,
    de même qu'on avait accepté sans hésitation, le témoignage d'Alleg et du docteur Hadjadj dans l'affaire Audin.
     

  • Les quelques arguments qui ont été parfois invoqués pour justifier cette confiance sans faille sont d'une insigne faiblesse :

      on découvre, dans le récit d'Alleg, un accent de vérité qui, nous assure-t-on, ne trompe pas.

  • Il y a, en effet dans La Question, une grande unité de ton, de style.

  • On nous dit aussi :

      « Alleg, cite les noms de ses tortionnaires, décrit les lieux où les supplices lui furent infligés, donne des dates. »
       

  • Rien de tout cela n'est convaincant.
    Qu'Alleg cite les noms des officiers parachutistes qui l'ont interrogé ne prouve pas que ceux-ci aient usé, à son égard, de procédés répréhensibles.
    Qu'il décrive les dispositions de l'immeuble d'El-Biar, quoi de surprenant ?

    Madame Josette Audin, elle aussi a cité des noms et donné des dates ? .



  • Article du 30 Juillet 1957 dans le journal l'Humanité.

    journal Humanité 30 juillet 1957 Audin/Alleg

     

  • J’ai durant mes recherches sur le fabuleux rapport
    du commissaire principal par intérim d'Alger, j'ai nommé M. René Gille, trouvé une revue qui a réalisée une contre-enquete sur ce livre.
     
  • C’était l'Association d'études et d'informations politiques internationales, dont le siège se trouvait à Paris au 354 rue de Saint-Honoré,
    qui dès le mois de Mai 1958, publiait cette contre-enquete, en voici le début :

      « les seuls éléments que nous possedons sont outre,
      le livre La Question d'Alleg, les déclarations ou les articles qui ont paru, à divers moments, dans la presse communiste ou progréssiste.

      Pour que cette analyse soit compléte,
      il faudrait que nous ayons pu consulter aussi le proces-verbal de l'interrogatoire d'Alleg, le texte des dépositions officielles
      faites par Henri Alleg et le docteiur Hadjadj, les dépositions des parachutistes lors de leur confrontation avec Alleg »

     
  • Personne, parmi les grands historiens de l'Algérie, Raphaëlle Branche, Sylvie Thenault, ou le grand prophete Benjamin Stora,
    ne font référence à cette étude, par contre le livre d'Alleg est cité comme preuve irréfutable et indiscutable.
     
  • Reprenant la partie de l’enquête concernant le livre d’Henri Alleg,
    j’y ai ajouté, le livre de Vidal-Naquet, paru en Mai 1958, « L’Affaire Audin », ainsi que la correspondance échangée lors de la conception
    de ce livre entre Vidal-Naquet et Madame Josette Audin.
     
  • J'ai vérifié et recoupé preuves en mains, tous les points, concernant, les oublis, les contradictions, et les convergences,
    dans les différents textes publiés pendant la périodes de Juillet 1957 jusqu'au mois de Mai 1958.

     
  • Liste des textes publiés pendant cette période :
     
    • Le 8 Juillet dans un article du Monde, les épouses Audin et Alleg disaient :
       
      • Madame Josette Audin.

          « Il m'est impossible de croire que mon mari se soit évadé.
            Cela est matériellement impossible dans la situation actuelle avec des forces de police, les militaires qui se trouve partout.
            Mon mari n'est pas un sportif. »
           
      • Madame Gilberte Salem épouse de Henti Alleg.

          « Aujourd’hui 5 juillet 1957, mon mari n'a encore été vu par personne,
            qui puisse contrôler son état de santé, ni par un magistrat, ni par son avocat, ni par moi qui vient d'être expulsée".

           
    • Le 12 Juillet, Alleg est transféré au camp de Lodi.
       
    • Le 30 juillet 1957, le journal l'Humanité publie après un texte de Léon Feix,
      la copie de la déposition au procureur d'Alger de Henri Alleg, contenue dans la lettre de Madame Alleg-Salem.

        Note : Dans les archives de ANOM, sous la cote de référence : FR ANOM 91/1K1175, dossier Henri Alleg,
        nous avons la copie de son courrier du 31 Juillet 1957 au procureur général portant plainte pour tortures, et copie d'une déclaration de son épouse.
         
    • Le 12 Août 1957, le Journal d'Alger du Dimanche-Lundi 11-12 Août publié :
       
        Titre : Au sujet de l'arrestation et de l'évasion de M. Maurice Audin.
         
          « Nous avons reçu de Mme Maurice Audin, copie d'une lettre,
            qu'elle a adressée à plusieurs autorités civiles et militaires et à des parlementaires au sujet du sort de son mari.
            Cette lettre exprime une inquiétude légitime et à laquelle nul ne peut rester insensible.
           Toutefois, elle contient des affirmations incontrôlables. »
           
        Le monde du 13 Août 1957, confirmera l'envoi de cette lettre et donnera « les affirmations », que le journal d'Alger n'avait pas publiées :
         
          « J'ai la preuve absolue que mon mari a été torturé après son arrestation. »
           
        Le monde précise, M. Aubel, professeur à la faculté de Paris, nous communique d'autre part une lettre que lui a adressé Mme Audin.
         
    • Le 16 Août, Alleg est transféré à la prison de Barberousse, son avocat, M° Matarasso a pris contact immédiatement avec lui.
       
    • Le 20 Août, un article du Monde indique que c'est le Capitaine Missoffe, juge d'instruction militaire qui en charge de la plainte d'Alleg.
      Le Monde précise, que Alleg a été entendu à plusieurs reprises et a même été confronter aux Officiers et sous-officiers mis en cause dans sa plainte.
       
    • Témoignages Chrétiens, dans un article daté, Alger 23 Août 1957, nous donnait une version différente sur quelques points de l'affaire Audin :
       
      • Madame Josette Audin.

          « Croyez-moi, je connais mon mari, ce n'est pas un athlète...
            J'ai en effet la preuve formelle qu'il a subi des tortures.
            Le docteur Hadjadj, aujourd’hui enfermé à la prison de Barberousse, l’a vu le 18 ou le 19 juin, qui portait des marques très caractéristiques......... »

       
    • Le 25 Août M. Duclos à la tribune de l'assemblé parle de Audin et Alleg.
       



  • Journal L'Epress du 30 Août 1957.

    journal L'Expresse du 30 Août 1957 Audin/Alleg

     

    • Le 30 Août, L'express dans un grand bandeau sur la première page annonce : Douze hommes au rendez-vous de l'honneur.
       
      • L'article de Jean Daniel, nous présente les douze membres de la commission de sauvegarde.
        Mais une petite partie de cet article intitulait, Une petite femme, nous intéresse au plus haut point :
         
        • Article de Jean Daniel :
           
          • Le 10 juillet, MM. Béteille, Daure, Haag et Delavignette se rendirent à leur tour en Algérie.
             
          • Le 12 Juillet, ils convoquèrent Mme Josette Audin.
            Josette Audin leur refit un récit qu'elle avait disait-elle cent fois fait à différentes autorités et écrit déjà à tous les membres de la commission.
            En voici l'essentiel :
             
              « Le 11 juin à 23 h 30 ......
               Mon mari est sorti suivit du Capitaine D. et de cinq parachutistes. Le sixième est resté avec moi.
                De temps à autre, le parachutiste téléphonait à un lieutenant C.

                Le lendemain 12 Juin Henri Alleg directeur Alger-Républicain est venu nous voir.
                Il a été aussitôt arrété par les parachutistes.

                J'ai appris depuis, que le 13 Juin, il avait été confronté avec mon mari.

                  Henri Alleg était agenouillé sur le ciment, il a vu entrer Maurice Audin dans un état épouvantable :
                  visage tuméfié, poignets ensanglantés, ne tenant presque pas sur ses jambes......


              Le 17 Juin, j'ai écrit à M° Maurice Garçon, puis j'ai appris que le professeur Richet et le Général Zeller étaient à Alger et je leur ai écris aussi.
              Dés le 18 juin, j'ai reçu une réponse du professeur Richet. …. »

           
        • Cette partie de l'article se termine part :

            Tel fut le récit que Josette Audin fit, le 12 Juillet, aux quatre commissaires qui se trouvaient à Alger.....

             
    • Le 2 Octobre, Le canard enchainé nous livre une nouvelle victime des militaires, elle se nomme Loéone Mezurat, institutrice a Chréa.
      Elle aussi résistera aux coups, à l'électricité, à l'eau, ect.
       
    • le 27 Novembre à l'assemblée, M. André Gauthier, nous rappelle, les tortures infligées,
      au communiste algérien Henri Alleg, la disparition de Maurice Audin, les tortures subies par Léone Mezurat, et une nouvelle, Denise Walbert,
      assistance sociale à Alger, qui, au cours d'une conférence privée au centre Quaker à Paris, a fait connaitre le contenu de sa plainte.

        A la villa Sésini, elle a subit, elle aussi,
        les tortures à l'électricité, l'eau, et comme Alleg, elle entendit les gémissements des torturés et vit un musulman pendu au plafond.

      M. André Gauthier nous cite tous les communistes arrêtées et torturés d’après lui à la villa Sésini....
      il termine avec Djamila Bouhired et Raymonde Peshard.
       
    • Le 9 décembre 1957, le journal L’Humanité,
      nous informe qu’Henri Alleg et le Docteur Hadjadj ont dans des dépositions officielles, certifié que l'évasion d'Audin était impossible,
      car ils l'avaient vu, dans la journée du 18 ou du 19 juin, meurtri de coups.
       
  • Les deux affaires Audin et Alleg sont intimement liés par les temoignages de Henri Alleg et du Docteur Hadjadj.
     



  • Partie de l'article de Jean Daniel intitulait, Une petite femme, L'Express du 30 Août 1957.

    journal L'Express 30 Août 1957 Article de Jean Daniel Audin/Alleg

     

  • Nous commencerons cette enquête par l'article de Jean Daniel dans l'Express du 30 Août 1957 :
     
    • Le 12 Juillet 1957,
      devant les membres de la commission de sauvegarde MM. Béteille, Daure, Haag et Delavignette, madame Josette Audin affirmait :
       
        « J'ai appris depuis que, le 13 Juin, il avait été confronté avec mon mari.

          Henri Alleg était agenouillé sur le ciment.
          Il a vu entrer Maurice Audin dans un état épouvantable : visage tuméfié, poignets ensanglantés, ne tenant presque pas sur ses jambes.

          Un officier a dit alors à mon mari en montrant Alleg :
         
          « Dis-lui par où tu es passé et ce qui l'attend encore, dis-lui qu'il ne fasse pas l'imbécile. ».

       
    • Voici la version Alleg dans le livre la question :
       
        « Allez, Audin, dites-lui ce qui l'attend. Evitez-lui les horreurs d'hier soir !
        C'était Charbonnier qui parlait. Erulin lui me releva la tête.

        Au-dessus de moi, je vis le visage blême et hagard de mon ami Audin qui me contemplait tandis que j'oscillais sur les genoux.
        « Allez, parlez-lui » dit Charbonnier.
        « C'est dur, Henri » dit Audin.
        Et on le remmena. «

         
  • Etrange convergence,
    • comme Madame Josette Audin, pouvait-elle savoir le 12 Juillet 1957, qu’ Henri Alleg avait vu son mari, le jeudi 13 Juin
      et surtout nous donner un dialogue à peu près similaire à celui parut en Novembre 1957 et figurant dans le livre La Question.
       
    • Reprenons la plainte au procureur, publiée par l'humanité le 30 Juillet 1957 :
       
          « Vers 4h30 du matin, le jeudi matin, on me détacha.....et on me jeta dans une cellule jusque vers les huit heures du matin.
            Je changeai de cellule, il s'agissait plutôt d'un grand placard sans lumière du jour, situé près du mess...
            Les séances reprirent avec des interruptions de « récupération » jusqu'au vendredi....
            Durant un mois, j’ai été illégalement détenu dans une cellule. »

           
      • On cherche vainement la trace de cette fameuse confrontation du 13 Juin avec Audin.
         
      • Pas une seule fois, il n'y est fait seulement allusion.
         
      • La plainte fixe le dernier interrogatoire au samedi 15 Juin 1957.

         
    • Le 31 juillet 1957, il n'a gardé aucun souvenir de cette confrontation avec son ami Maurice Audin.
       
    • En Novembre, sa mémoire est assez fraiche pour en restituer tous les détails.
       
        Peut-on parler d'oubli?
        On n'oublie pas de telles choses, quand elles ont eu lieu.

        Les traitements qu'auraient subis Alleg ne l'ont pas rendu amnésique, sa plainte au procureur le prouve.
        Il n'avait aucune raison de ne pas parler des tortures subit par son ami Maurice Audin, rien ne justifie cette omission.

        Alleg avait tout intérêt à raconter qu'Audin avait été torturé comme lui.

        Il affirme dans sa plainte, que des musulmans ont été torturés.
        plutôt que de citer des personnages anonymes, il eut été tout indiqué qu'il donne le nom de son ami Audin.


  • Témoignages Chrétiens article daté : Alger 23 Août 1957.

    Témoignages Chrétiens article daté :   Alger 23 Août 1957 Alleg Audin