ALGERIE - 1954 - 1962




 

 Catégorie voyage     Jeant     Mairey

 

 

  • Ce rapport confidentiel, sur la situation en Algérie, en date du 2 janvier 1957 commence ainsi :

     
        « Pour la sixième fois depuis Mars 1955,
          je me suis rendu en Algérie du 15 au 18 décembre dernier, pour une mission de contrôle des services de la Sureté Nationale.

          Laissant délibérément de côté les aspects techniques de l'organisation des forces de l'ordre, d'ailleurs aussi satisfaisantes que
          le permettent les conditions de travail très difficiles, et en tout cas en très nette amélioration depuis le mois de Février, je me bornerai
          dans ce très bref rapport à indiquer mes impressions sur la situation générale telle que je l'ai vu au cours d'un rapide passage. »


         
    • C'est ainsi que commence,
      ce rapport confidentiel, daté de Paris le 2 janvier 1957, tel qui figure dans les archives de la commission de sauvegarde, pour l'année 1957,
      présidée par M. Paul Béteille, sous la cote F/60/3127 : Situation en Algérie.
       



  • La chemise du dossier contenant le fameux rapport Mairey, frappé d’un double sceau « SECRET ».

    rapport Jean Mairey archive de France chemise

     

  • Le dossier du rapport Mairey est frappé d’un double sceau « SECRET »,
    comment l'écrvait notre sénateur David Assouline, dans le journal Libération, pour les noyés du 17 octobre 1961 :
     
        « Les pages des mois d’octobre et novembre sont remplies de FMA (Français musulmans d’Algérie), frappés du tampon « Mort »
        par coups et blessures volontaires, pour certains, figure même la mention manuscrite « repêché » ou « repêchage ».


         
  • Oui, M. Jean Mairey et Robert Wybot, étaient bien en Algérie, en 1956,
    mais, pas en Décembre, mais en Septembre 1956, pour visiter les camps d’hébergement, suite à la campagne de presse qui faisait fureur
    en cet été de 1956, surtout chez nos « amis communistes et chrétiens progressistes ».
     
        • En Août 1956, les 15 états arabo-asiatiques qui réclament la discussion de l’affaire algérienne à l’ONU, adresse une requête
          à M. Dag Hammarskjold, accusant la France de génocide sur le peuple algérien.
           
        • Une enquête est demandée par le Ministre de la Défense, aucune des accusations du FLN, portées contre l’armée ne correspond à la réalité.
           
        • Mais les accusations de « nos amis français », concernent la police et surtout la BST, suite au démantèlement du maquis rouge.

           
            • Cette affaire, celle des torturés d’Oran, concerne exclusivement les membres du Parti communiste Algérien…le PCA.
               
               



  • Rapport 02/01/57 Page I Côte F/60/3127 Jean Mairey.

    rapport Jean Mairey archive de France page I

     

  • Elle commence le 4 Août 1956, avec l'arrestation du sous-lieutenant déserteur Lucien Guerrah.

     
  • A la lecture des six pages de ce rapport,
    plus une dernière page faisant référence au journal d'Alger du 18 décembre, concernant l'affaire des Spahis de Médéa.
     
    • On découvre la liste d'une partie des attentats dans le secteur d'Alger.
       
      • En page II, nous avons un paragraphe intitulé : Action Militaire.
         
        • On pourrait résumer ce paragraphe par une seule phrase du narrateur :
           
              « Nul ne peut s’aventurer sans escorte, encore n’est-ce pas toujours une garantie …. »

               
      • La page III, nous donne plus de détails.
         
        • Il nous parle de l’affaire d’Azazga. Où l’armée aurait affamé tout un douar….
           
        • Mais, c’est la seconde affaire qui sur cette page a retenu mon attention :
           
          • L’affaire de Médéa en date du 15 Décembre 1956.
             
            • Le narrateur nous précise que deux pièces sont jointes à ce rapport,
              elles émanent du commissaire Becker, chef de la brigade mobile de Médéa et du gouverneur général.
               
            • Puis suit les détails du rapport du commissaire Becker, et de sa visite à Alger, pour décrire l’ampleur de ce Massacre.
               



  • Rapport 02/01/57 Page III Côte F/60/3127 Jean Mairey.

    rapport Jean Mairey archive de France page III

     

  • Monsieur Jean Mairey était-il un menteur, ou a-t-il succombé au son de la flûte de Pan, des chrétiens progressistes.
     
    • Car, l’histoire de ce massacre de Médéa,
      figure dans le livre édité par le Comité Résistance Spirituelle en date du 31 Décembre 1956. dont le titre était :
       
        Des Rappelés témoignent …
         
      • Ecrit par Robert Barrat, dans lequel, figure le récit du menteur Stanislas Hutin, la torture toute une nuit d'un gamin de 14 ans par
        les parachutistes, et qui en 2003, grâce à la baguette magie du faussaire André Gazut, deviendra, La Torture de Boutoute.
         
      • Mais, dans la version, « Des Rappelés témoignent …», il n’y pas de commissaire Becker, ni de rapport accablant, juste une beuverie générale,
        et de bien entendu, le massacre par tout le régiment de Spahis, des Arabes de Médéa.

         
    • M. Pierre Henri Simon utilisera une partie de ce livre dans son livre « Contre la Torture », paru le 1er Mars 1957.

       
  • Alors quels sont les Menteurs :
     
        Roger Delavignette, Maurice Garçon, Jean Mairey, Paris de la Bollardière, Raphaëlle Branche, ….. ou, Robert Barrat.

         
  • Ce dernier massacre du paragraphe sur l’action militaire, se termine sur la page IV, et en conclusion, il nous précise :
     
        « Je ne peux m’empêcher de penser, face à tant d’incompréhension, que bien des choses eussent changé avec d’autres méthodes.

          J’en veux la preuve dans la magnifique réussite du secteur oriental de la Métdija.
          Là, un jeune général, audacieux dans ses conceptions,
          réaliste dans son travail, courageux et opiniâtre comme il l'avait été dans les luttes de la Libération......»


         
    • Le chevalier Blanc, celui qui lave plus blanc que blanc, j'ai nommé le général Paris de la Bollardière.
       
      • Alors, qui en décembre 1956, savait qu'un secteur du Sahel était sous les ordres de ce général, promu en novembre 1956,
        et, qu’il avait sous son commandement la 531e DBFA.
         
      • Il faudra attendre Avril 1957, pour qu'il fasse la une des journaux.
         
  • Là, je vois, « Les Pieds-Nickels », anticolonialistes notoires et les historiens et historiennes des années 2000 sautés comme des cabris.
     
    • Non, personne ne connaissait le général Paris de la Bollardière, en Décembre 1956.
       
      • Il faudra attendre les premiers articles de JJ. SS et « les commandos noirs », pour avoir le nom du responsable de ce secteur d'Alger Sahel.

         
  • Sur cette même page, nous avons quelques attentats du FLN,
    pour équilibrer un peu, la véracité de ce rapport bidon, qui n’a jamais été transmis à M. Guy Mollet ou à M. Robert Lacoste.
     
  • Mais nous y reviendrons.
     
    • Continuons notre descriptif des six pages de ce rapport.
       
      • Sur cette même page IV, nous avons un paragraphe :   Le terrorisme.
         
        • Pour apporter de l’eau à son moulin, le narrateur nous donne quelques détails sur la journée du 15 décembre 1956, et l’assassinat à El-Biar
          d’un élevé instituteur, ainsi que la mort de deux policiers, et il précise :
           
              « Je rappelle pour mémoire, le même jour l’attentat de Médéa, aux si tragiques conséquences »



  • Rapport 02/01/57 Page IV Côte F/60/3127 Jean Mairey.

    rapport Jean Mairey archive de France page IV

     

    • Sur la page V.
       
      • Nous avons droit « aux Ultras », avec leurs actes spectaculaires.
         
        • Massacre de Boufarik des 6 et 7 juillet 1956,
          qui a fait l’objet d’un rapport courageux de l’inspecteur Général de l’Administration M. Wuillaume.
           
        • L’attentat de la rue de Thébe dans la Casbah en Août 1956.
           
        • Les actes individuels, en particulier dans les fermes isolées…. ».
           
    • En page VI, il conclut par cette tirade :
       
            « Ces quelques lignes,
              rédigées « sans haine et sans crainte » n’ont d’autre objet que d’éclairer les plus hautes instances de la République. »
             
          Signé : Jean Mairey.

           
  • A la question, ce rapport sur la situation en Algérie a-t-il été écrit le 2 janvier 1957 ?
          La réponse est : Non.

           
    • Je peux sans trop me tromper, dire qu'il a été écrit en juillet 1957, au moment des affaires Audin et Alleg, à la demande de M. Roger Delavignette,
      qui l'a sans doute transmis à Maître Maurice Garçon.
       
    • Ce rapport et la liste des disparus de l'avocat,
      sont la cause des agitations qui ont traversé la commission de sauvegarde en ces mois d'Août et Septembre 1957.
       
      • Car, c'est bien le 14 septembre 1957, que pour la première fois, on fait référence au rapport de M. Jean Mairey en date du 2 janvier 1957.
         
  • Encore une merveille de Témoignage Chrétien, et de son rédacteur Robert Barrat.
     
    • Reprenons trois des points les plus significatifs de ce rapport :
       
      • Le massacre de Médéa, du 15 décembre 1956.
         
      • Le merveilleux Chevalier blanc, Paris de la Bollardière.
         
      • Les « Ultras » d’Alger.
         



  • Rapport 02/01/57 Page IV Côte F/60/3127 Jean Mairey.

    rapport Jean Mairey archive de France page IV

    • J’ai déjà consacré de nombreux pages sur ces trois points de ce fameux rapport confidentiel du 2 janvier 1957.
       
      • Le massacre de Médéa.
         
            • Oui, deux spahis ont fait l’objet d’un attentat à Médéa, le 15 décembre 1956
              le soldat Lopez Charles, âgé de 20 ans, mort sur le coup, et son camarade Colomar, seulement blessé.
               
            • Le 17 décembre, le vice-président de la Djémââ, est abattu par le FLN, près de Médéa,
              il s’agit de M. Bouzari Madjoub ben Tayeb, de la commune mixte de Boghari, sympatisant du MNA.
               
            • Et c’est tout ….
               
          • Oui, le commissaire Becker a bien existé, mais avant 1945, car il a été fusillé par la Gestapo en 1944.

             
      • Je passerai sur le fabuleux chevalier blanc, et ses commandos noirs ….
         
      • Les « Ultras ».
         
        • Là, M. Jean Mairey a fait une petite erreur de date.
           
        • Certes, les « Ultras » ont bien sévis,
          pendant l’année 1956, avec divers attentats, mais l’histoire des fermes isolées, ne sera révélée qu'en Mars 1957……
           
        • Les arrestations ont commencé, suite à l'affaire du bazooka.
           
          • Le 20 février 1957, M. Jean Taousson, correspondant particulier de Paris-Presse L'Intransigeant à Alger, nous informait que :
             
              « Six jeunes européens,
                membres du Comité de renaissance Française ont été arrêtés pour impression et distribution de tracts antigouvernementaux. »

               
          • Le 5 mars 1957, Paris-presse et le Monde nous distillent quelques autres nouvelles :
             
                « C'est des enquêteurs venus de Paris, qui ont découvert la petite organisation, qui se compose de vingt-deux noms.
                  Un des membres, Pierre Delbays avait acheté une villa isolée aux Sources, près de Birmandreïs, pour servir de PC. »

                 
            • Puis suivait la liste des Vingt-Deux.
               
                Artero, Baron, Bernier, Calle, Crespin, de Graff, Delbays, Domenech, Giner, Imbert, Loratou, Martel, Mathey,
                Mescurio, Orthis, Piveteau, Rizza, Simon, Tatessault, Vigier, Vinciguerra, Watin.

                 
          • Le 6 Mars 1957.
             
            • Nouveau scoop, le journaliste nous informe, que Dix-huit des Vingt-deux ont été inculpés par le juge Montaone.
               
              • Il titrait :   Le Comité « Résistance Française » avait son tribunal secret.
                 
              • il écrivait :
                 
                • Ils ont été inculpés à divers titres de :
                   
                      • usurpation de fonctions,
                      • association de malfaiteurs,
                      • tentative d'homicide,
                      • tentative d'enlèvement du docteur Aouchiche, membre notoire du FLN, actuellement en fuite,
                      • de séquestration arbitraires,
                      • d'arrestation illégale,
                      • de détention d'armes et de munitions de guerre.
                         

                  « Rizza, Kovacs et son épouse, Loratou, Vigier, Calle, De Graaf, Troncy, et Della Monica ont été plus spécialement inculpés
                    d'homicide volontaire sur la personne du nommé Chaouch Mohand, buraliste rue d'Isly, enlevé le 16 décembre 1956.

                    M. Vinciguerra, Imbert, Giner, Baron ont été relâchés.


                   
          • Comment, en décembre 1956,
            le narrateur de ce rapport, pouvait-il connaitre l’histoire de la villa isolée aux Sources, qui comme ce rapport n’a jamais existée.

             
    • Oui, il y avait des sacrés menteurs en cette année 1957, dont certains faisaient partie de la commission de sauvegarde.



    Procés-verbal du commissaire Builles du 2 Février 1957.

    P-V commissaire Builles Février 1957

     


    Le 15 décembre 1956 Secteur d'Alger.

    Article 15 décembre secteur Alger